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L’ancien hôtel de Marabail

Au 15 de la rue de l’Arc-en-Ciel se dresse un bel hôtel particulier de style Régence, entièrement édifié en grès jaune de Wasselonne. De taille modeste, cet édifice se distingue cependant par la grande qualité de son exécution ce qui lui a valu son inscription au titre des Monuments Historiques en 1929 (lnv. M.H. : 25-06-1929).


On ne saurait affirmer avec trop de certitude ni la date exacte à laquelle l’hôtel fut construit (1741/42 ou 1745 ?), ni même le nom de l’architecte qui dirigea les travaux. Peut-on identifier ce dernier avec l’architecte Jacques Gallay comme certaines sources peuvent le laisser penser ? Ou doit-on lui préférer Jean-Pierre Pflug ? Franc maçon, successivement architecte de la ville et inspecteur des travaux publics, Jean-Pierre Pflug fut incontestablement l’un des grands architectes strasbourgeois de la première moitié du XVIIIe siècle (il décéda le 30 janvier 1748). Il serait possible, du reste, qu’une toile conservée au musée des Arts Décoratifs de Strasbourg nous ait conservé son portrait. Sur cette œuvre, en effet, un homme âgé est représenté devant l’hôtel du n°15 de la rue de l’Arc-en-Ciel qu’il désigne d’une main, tenant de l’autre le plan de l’édifice… une iconographie, traditionnellement liée à la figure de l’architecte ou de l’entrepreneur, qui plaide en faveur de cette attribution, d’autant plus que le portait est daté de 1745. Jean-Pierre Pflug avait alors 66 ans.

Il est certain en revanche que ce bel hôtel particulier de style Régence  fut construit pour Georges-Joseph Horrer, conseiller du roi et trésorier de la chancellerie au Conseil Souverain à Colmar.


En 1764, deux ans après le décès de son épouse, Georges-Joseph Horrer céda son hôtel à Antoine de Marabail, commissaire aux guerres, qui y resta jusqu’en 1789. Par la suite, le nom de Marabail resta attaché à l’hôtel.

La qualité des ferronneries qui décorent l’hôtel – que ce soient les grilles protégeant les fenêtres du rez-de-chaussée ou la rampe de l’escalier intérieur – plaide en faveur de leur attribution à l’un des meilleurs maîtres strasbourgeois de la première moitié du XVIIIe siècle : Sigismond II Falkenhauer qui fut également serrurier de la Ville entre 1715 et 1757.

Quelques éléments remarquables  :

Sur la façade, on peut distinguer huit clés figurées symbolisant les quatre continents (1er étage) ainsi que les quatre saisons (2ème étage).


La très belle rampe de l’escalier intérieur comporte des armoiries sur deux médaillons ovales dans lesquelles on a voulu retrouver celle de l’épouse de Georges-Joseph Horrer, Anne Goll.


Le plafond de la cage d’escalier est orné d’une peinture dans l’esprit léger et galant du XVIIIe siècle que l’on pourrait lire comme une allégorie : le triomphe de Flore.

Enfin, les deux pièces lambrissées du rez-de-chaussée ont conservé leur beau décor d’origine.

 

Ce dossier a pu être réalisé grâce aux ressources documentaires du service régional de l’Inventaire du Patrimoine d’Alsace.